Henri de Navarre enfant et son chienJoseph Nicolas Robert Fleury, dit Robert-Fleury
Henri de Navarre enfant et son chien
Joseph Nicolas Robert Fleury, dit Robert-Fleury (Cologne, 1797 – Paris, 1890)
Inv. P. 2004.3.1
1832
Aquarelle et gouache, rehauts de gomme arabique et de blanc, papier ivoire recoupé
H. 17 ; L. 10,5 cm
Signé et daté en bas à gauche, à l’encre noire : Robert-Fleury 1832
Acquis en vente publique, Paris, Drouot, 18 juin 2003, C. P. Piasa, no 18 (collection de M. de B.) par la Société des amis du château de Pau.
Don de la société au musée national (arrêté du 23 décembre 2003).
Notice d’acquisition, Revue des musées de France, 2004-5, p. 99, no 35.
Cette évocation de l’enfance royale, plus riche que convaincante, présente du moins
l’intérêt de tirer son auteur hors des « épisodes sévères de l’histoire »... On ne
peut qu’y reconnaître en revanche, parallèlement au jeu anecdotique de consonance
« troubadour » encore proche des débuts de l’artiste, les tons, les ambiances saturées,
les rouges sombres immanquablement repris tout au long de ses nombreuses scènes historiques.
Dans le compromis d’un goût romantique sagement apprivoisé, tout un jeu de références
formelles, pour ainsi dire archéologiques, tout un luxe de détails dont le résultat
ne semble pas ici très assuré, contribuent à renseigner une véritable imagerie du
passé.
Le souvenir du prince élevé à la rude école de la nature et de la simplicité, selon
les récits anciens repris au xviie siècle par Hardouin de Péréfixe, mais aussi la réinterprétation idéalisée de ces
témoignages en 1822 avec le modèle proposé par Bosio d’après une représentation du
xvie siècle, pouvaient offrir des repères connus ; mais cette vision traditionnelle, arrangée,
qui avait rencontré un vif succès, cède ici la place à celle d’un petit roi portant
déjà tous les attributs de sa majesté ; en somme, un vrai Bourbon…
À plusieurs reprises, Robert-Fleury a su mettre à profit les multiples ressources
thématiques de l’enfance, sur son versant exemplaire (Première Entrevue d’Henri IV et de Sully enfants, 1872) ou affectueux et sensible, dans des compositions reprises en lithographie
(Jeux d’enfants, Salon de 1835, no 767, partiellement réutilisé pour une Fillette avec un chien en 1843, lithographié par Julien ; à noter par ailleurs, au Salon de 1840, Les Enfants de Louis XVI au Temple (1793), no 605). Ces caractères s’effacent ici devant l’attirail distinctif de la dignité royale.
L’enfance d’Henri IV reste, en 1832, un sujet à la mode, mais elle perd en naturel
ce qu’elle suggère seulement de l’âge tendre, loin d’un beau portrait de prince comme
celui du duc d’Aumale à l’âge de neuf ans ou celui du duc de Montpensier à l’âge de
sept ans, une année plus tôt11. Portrait de Henri d’Orléans, duc d’Aumale, à l’âge de neuf ans, 1831, huile sur toile, 61 x 51 cm, Chantilly, musée Condé, inv. 452 ; Portrait de Antoine Marie Philippe, duc de Montpensier, à l’âge de sept ans, huile sur toile, 61 x 51 cm, Chantilly, musée Condé, inv. 453 ; Garnier-Pelle 1997,
nos 270 et 271., et cependant du même artiste...
Fait de la vie d’Henri IV : enfance et jeunesse
Étapes de publication :
P. Mironneau, Cl. Menges, 11 décembre 2007, rédaction de la notice pour première publication.
Pour citer cet article :
P. Mironneau, Cl. Menges, « Henri de Navarre enfant et son chien » dans Catalogue des dessins musée national du château de Pau, mis en ligne le 11 décembre 2007. https://dessinsdepau.fr/notice/notice.php?id=215
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